Vouloir une chose et son contraire: Après avoir refusé de coopérer avec l’ONU, le gouvernement burundais qualifie de partial le rapport de la commission d’enquête sur le Burundi

 

Les membres du cercle restreint du président Pierre Nkurunziza étaient très actifs ces derniers 48 heures sur les réseaux sociaux, particulièrement sur Twitter. Particulièrement et sans surprise, Willy Nyamitwe, le très puissant conseiller du président était le plus actif. Mais d’autres comme l’ambassadeur du Burundi auprès de l’ONU avaient activé leurs claviers pour épauler les efforts de communication du régime de Bujumbura pour contrecarrer le rapport de la commission onusienne d’enquête sur le Burundi.

Une stratégie bien aiguisée est désormais en action: comme la majorité des média qui reportent sur le rapport de l’ONU sur les crimes du pouvoir de Bujumbura sont du monde anglophone, il faut twitter en anglais. Tous ces tweeters du régime de Bujumbura ont une seule mission de créer des messages pour consommation extérieure, pour montrer encore une fois sa défaillance face aux accusations graves que lui reproche l’ONU.

« Les prétendus experts sont des mercenaires, payés pour accomplir un programme occidental caché sur #Burundi. Ils seront battus sur leur propre terrain »

 

Refus de coopération ou une stratégie bien pensée?

Le gouvernement burundais avait refusé de coopérer avec cette commission d’enquête sur le Burundi dès le début de ses activités. Les autorités burundaises avaient d’ailleurs fermé le bureau onusien des droits de l’homme au Burundi. Au nom de la souveraineté nationale, le pouvoir de Bujumbura avait décidé de défier les organisations internationales dont l’Union Africaine qui avait décidé d’envoyer une force d’interposition (la MAPROBU) et   l’ONU qui avait pris un bon nombre de résolutions via son conseil de sécurité, dont la dernière décidait d’envoyer un peu plus de 200 policiers au Burundi comme observateurs. Au delà d’une attitude qui avait été interprétée comme une défaillance, il se pourrait que Bujumbura avait une stratégie bien pensée.

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Après avoir réalisé que les crimes commis par ses agents, sous commandement des plus hautes autorités de l’appareil étatique, et que ces crimes avaient été bien documentés par les organisations internationales et les organisations de la société civile burundaise, le pouvoir de Bujumbura avait peut-être compris qu’une coopération avec cette commission onusienne d’enquête sur le Burundi l’exposait aux conclusions de cette enquête, et que les réfuter n’allait pas être facile étant donné que la majorité des crimes soit très bien documentée . Certains observateurs pensent que le retrait du Burundi de la Cour Pénale Internationale s’inscrit dans cette stratégie.

Le sacré principe du contradictoire: pièce centrale de l’argumentaire de Bujumbura

Les tweets et autres contestations émanant de Bujumbura s’inscrivent aussi dans cette stratégie. Un pouvoir qui a refusé de coopérer avec une enquête prône aujourd’hui le principe du contradictoire.

Le chef de mission burundaise aux Nations Unies s’insurgeait contre ce manque du principe du contradictoire dans un tweet qui est sorti tout juste après la publication d’un communiqué de la commission onusienne des droits de l’homme.

Valentin Bagorikunda qui était le procureur général de la république lorsque la majorité de ces crimes contre l’humanité étaient commis aussi fustigeait le manque du principe du contradictoire.

Toutes ses contestations et surtout cette coordination qui génère des tweets similaires des membres du groupe restreint du pouvoir de Bujumbura pointent vers une campagne bien pensée et coordonnée à partir de la présidence de la république.

S’agit-il alors d’une stratégie bien pensée depuis longtemps pour faire dérailler la justice internationale sur laquelle la plupart des victimes de ces crimes espèrent obtenir une justice que leur gouvernement ne peut pas leur donner?

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