Présidentielle de 2027 : Evariste Ndayishimiye se pose en juge et partie en excluant a priori l'opposant Agathon Rwasa !
Il y a donc en lui comme une confusion de rôles. Il s'en mêle les pinceaux et oublie qu'en tant que candidat, il doit laisser l'organe chargé de la gestion du processus électoral, en l'occurrence la CENI, trancher sur qui doit être candidat ou non.Et comme pour tout corser, Evariste Ndayishimiye croit avoir un bilan à vanter pour méditer une reconduction pour les 7 prochaines années.Pourtant, tout est sombre. Au bout de son premier mandat, les rapports concordants des Institutions de Bretton Woods sur le Burundi sont sans appel.
Le chef de l'Etat burundais Evariste Ndayishimiye multiplie les égarements, à la veille de l'expiration de son premier mandat.
Du haut de son récent adoubement pour sa candidature au second, et sans doute périlleux, septennat, Evariste Ndayishimiye se sent pousser des ailes et toise ses concurrents potentiels.
En réagissant au ras-le-bol des leaders de cinq partis politiques de l'opposition qui ont récemment suspendu leur participation au processus électoral pour contester la soumission de la CENI au parti présidentiel, Evariste Ndayishimiye ne s'est pas empêché de déclaré qu'il les a bien compris et qu'il envisage organiser un dialogue avec comme leur « Umuvyeyi-parent ».
Son message sur X a étonné plus d'un. D'autant qu'un candidat, fût-il du parti au pouvoir, ne saurait toiser de si haut ses pairs, leaders des autres partis politiques, pour leur donner des leçons sur les règles de jeu démocratique dans un contexte électoral.
Alors que son impair crée encore le buzz, le chef de l'Etat en rajoute une couche en excluant de la prochaine présidentielle l'opposant Agathon Rwasa a priori et en lieu et place de la CENI.
Questionné là-dessus par Jeune Afrique dans une interview, il ne s'est pas embarrassé de circonlocutions pour barrer la route à son opposant historique et réel gagnant de la présidentielle de 2020.
«Tout le monde ne parle que d'Agathon Rwasa comme si c'était le seul opposant.... si le CNL décide de choisir Rwasa comme candidat, cela relève de sa liberté politique. En revanche, une candidature indépendante resterait soumise à la loi électorale du 5 juin 2024, qui impose à tout ancien dirigeant de parti d'avoir quitté sa formation politique depuis au moins deux ans», a déclaré l'actuel président et le "déjà candidat" à la présidentielle de 2027.
Il y a donc en lui comme une confusion de rôles. Il s'en mêle les pinceaux et oublie qu'en tant que candidat, il doit laisser l'organe chargé de la gestion du processus électoral, en l'occurrence la CENI, trancher sur qui doit être candidat ou non.
Et comme pour tout corser, Evariste Ndayishimiye croit avoir un bilan à vanter pour méditer une reconduction pour les 7 prochaines années.
Pourtant, tout est sombre. Au bout de son premier mandat, les rapports concordants des Institutions de Bretton Woods sur le Burundi sont sans appel. Le pays traverse une crise économique sans précédent : pénurie chronique de devises et de carburant, inflation élevée, rareté de produits de base, comme le sucre et les boissons etc.
Les Burundais sont dix fois plus pauvres qu'ils ne l'étaient en 2020. Une grande partie de la population (environ 62%) vit sous le seuil de pauvreté, avec des difficultés d'accès aux services de santé et d'éducation, exacerbées par la détérioration des infrastructures. Le taux d'endettement a augmenté, dépassant les 60% du PIB.
Allez comprendre pourquoi Evariste Ndayishimiye devrait rempiler pour un autre septennat!
