Alerte à la discrimination ethnique dans le sud: des tutsis privés d'engrais à Nyagihotora, commune Matana

Selon des témoignages concordants, l'unique tort des exclus est leur ethnie tutsie. L'injustice à leur égard est si évidente et planifiée que même le chef de zone Gasibe, le chef de colline et le responsable en charge de la distribution des engrais ont éteint leurs téléphones pour éviter tout appel de réclamation.Pour étouffer cette exclusion manifeste, au niveau de la ville de Matana, quelques tutsis à qui on avait refusé l'engrais payé ont été rétablis dans leurs droit afin que l'injustice dont subissent les tutsis sur les collines soit inconnue du grand public.

Par
on
7.3.2026
Categorie:
Economie

Alors que la saison culturale B vient de démarrer au Burundi et que la distribution des engrais bat son plein, les autorités administratives locales activent la machine à exclure les tutsis.

Dans la localité de Nyagihotora, zone Gasibe, commune Matana vers le sud du Burundi, les tutsis qui ont droit aux engrais, y compris des arriérés pour lesquels ils ont déjà payé, n'ont reçoivent rien. Au contraire, ils sont mis au noir dès lors qu'ils lèvent la voix pour une moindre réclamation.

A Nyagihotora, les autres citoyens qui sont politiquement et ethniquement bien rangés se font servir des arriérées de livraison non-acquises lors de la période de semence de maïs. Mais rayés de la liste,  les tutsis qui réclament les mêmes arriérés sont bâillonnés. Ils ne savent pas à quel saint se vouer.

L'inquiétude est d'autant plus grande que les membres de cette communauté ethnique qui ont tenté d'élever la voix pour dénoncer cette injustice sociale ont été arrêtés et sont toujours en détention.

Selon des témoignages concordants, l'unique tort des exclus est leur ethnie tutsie. L'injustice à leur égard est si évidente et planifiée que même le chef de zone Gasibe, le chef de colline et le responsable en charge de la distribution des engrais ont éteint leurs téléphones pour éviter tout appel de réclamation.

Pour étouffer cette exclusion manifeste, au niveau de la ville de Matana, quelques tutsis à qui on avait refusé l'engrais payé ont été rétablis dans leurs droit afin que l'injustice dont subissent les tutsis sur les collines soit inconnue du grand public.

Il est évident que le cas de Nyagihotora est loin d'être isolé. Que ce soit pour les engrais chimiques agricoles ou pour d'autres services publics, les tutsis restent dans leur ensemble « parents pauvres » de la République au Burundi, toujours discriminés et exclus du circuit économique sinon de la vie, tout court.

Le pouvoir CDD-FDD, qui se prétend démocratique, devrait savoir que la marginalisation économique, l'exclusion ethnique fragilise gravement la cohésion sociale et engendre des conflits cycliques qui, à terme, finissent par imposer une révolution.

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