Burundi 2027 : la forêt prépare-t-elle déjà sa carte d’électeur pour la hache ?

Dans la forêt burundaise, tout flambe. Avec une inflation à deux chiffres depuis de nombreuses années, les prix s’envolent, l’essence est devenue un produit mythologique comparable à la licorne, mais la machine électorale continue de tourner avec la précision d’un moteur alimenté par le patriotisme obligatoire.Pendant ce temps, certains responsables politiques rivalisent d’imagination. Ainsi, lorsque l’honorable Sylvie Nizigiyimana expliquait récemment qu’elle n’avait besoin ni de pétrole ni de dollars parce qu’ils apporteraient malheur et insécurité!

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17.8.2026
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On raconte qu’un jour, dans une forêt lointaine, les arbres organisèrent régulièrement des élections démocratiques. Sans surprise, la hache remporta à chaque fois le scrutin avec un score soviétique. Les arbres protestèrent naturellement : « Mais enfin, elle nous coupe depuis des années ! »

La hache sourit et répondit :

« Certes, mais regardez mon manche. Il est en bois. Je suis donc de la famille. »

La forêt applaudit et vota pour un nouveau mandat.

Difficile de trouver une meilleure image pour résumer ce qui se passe au Burundi depuis deux décennies sous le règne du CNDD-FDD.

Depuis vingt ans, le parti dirige le pays avec une constance qui forcerait l’admiration. Malheureusement, les résultats ressemblent davantage à ceux d’un réveil cassé ou d’un cauchemar ! En effet, tous les malheurs se sont donné rendez-vous au Burundi : régime autocratique et corrompu jusqu’à la moelle, effondrement de l’Etat de droit, des familles étranglées économiquement et angoissées, faillite des mentalités, climat de peur, disparitions et enlèvements, expropriations, etc.

Le drame de la forêt burundaise a commencé quand les autorités ont mis en place la distinction entre « les arbres nyakuri » et les « faux arbres » entraînant une haine entre eux, alors que l’intelligence naturelle de ces plantes est de lutter collectivement contre les aléas, comme les humains. Le CNDD-FDD avait commis un péché originel en voulant « dé-Bururi-ser » son administration en excluant les cadres bien formés originaires du Sud lors de sa prise de pouvoir. Le slogan était de toutes les bouches dans les années 2010 !

Le même scénario se reproduisit en 2015, mais, cette fois, la géographie ne suffisait plus pour fabriquer les « faux arbres ». Lorsque le président Nkurunziza voulut imposer un troisième mandat illégal, toute l’élite du CNDD-FDD qui refusa d’applaudir à cette folie fut élaguée à son tour. Qu’ils viennent du Sud, du Nord, de l’Est ou de l’Ouest, les cadres qui osèrent rappeler que même la hache devait respecter les règles de la forêt furent exclus de la direction, poussés à l’exil, emprisonnés ou réduits au silence. Après avoir écarté les cadres bien formés du Sud à son arrivée au pouvoir, le régime se débarrassait ainsi, dix ans plus tard, des compétences venues de tout le pays. C’est à partir de cette seconde purge que la forêt, privée de ses meilleurs garde-fous, commença véritablement à dévaler la pente qui l’a conduite à la situation actuelle.

Aveuglés par l’esprit revanchard, le parti issu de l’ancienne rébellion et ceux qui lui ont servi de caution ont oublié l’intérêt supérieur du pays en expédiant uniquement les affaires courantes, pour ne pas dire personnelles.

Les résultats sont parlants : perte de confiance des institutions financières internationales, absence de planification dans tous les secteurs, sous-dimensionnement généralisé des infrastructures, qui remontent presque toutes de l’ancien président Bagaza, alors que la population a plus que doublé en nombre !

L’exclusion ne peut mener que dans l’impasse. Les pays qui ont entamé un vrai changement se sont appuyés sur l’inclusivité. Il suffit de voir les exemples des pays scandinaves ou africains (Zambie, Rwanda).

Dans la forêt burundaise, tout flambe. Avec une inflation à deux chiffres depuis de nombreuses années, les prix s’envolent, l’essence est devenue un produit mythologique comparable à la licorne, mais la machine électorale continue de tourner avec la précision d’un moteur alimenté par le patriotisme obligatoire.

Pendant ce temps, certains responsables politiques rivalisent d’imagination. Ainsi, lorsque l’honorable Sylvie Nizigiyimana expliquait récemment qu’elle n’avait besoin ni de pétrole ni de dollars parce qu’ils apporteraient malheur et insécurité, certains Burundais ont commencé à soupçonner que la pénurie d’essence n’était pas un problème économique mais une nouvelle stratégie de protection nationale. Moins il y a de carburant, plus le pays est en sécurité. Logique révolutionnaire ?

Le génie du système réside dans sa communication. Là où d’autres dirigeants se contentent de gouverner, le CNDD-FDD transforme chaque difficulté en victoire historique. Pas d’essence ? C’est de la sobriété patriotique. Inflation galopante ? C’est la preuve que l’économie est très active. Libertés réduites ? C’est pour éviter aux citoyens la fatigue du pluralisme.

Même les purges internes n’entament pas l’enthousiasme général. Lorsqu’un cadre du parti disparaît politiquement ou physiquement, les militants regardent ailleurs avec la même concentration qu’un spectateur de magie refusant de voir le tour de passe-passe. L’important est de croire au spectacle.

Le secret du succès reste l’identité politique ou ethnique. Beaucoup continuent de soutenir le parti parce qu’il est associé à une histoire, à une lutte, à un récit fondateur. Le bilan est parfois considéré comme un détail technique, presque administratif. Pourquoi regarder l’état de la maison quand on admire encore la photo de l’architecte ?

À chaque congrès, les mêmes visages ou leurs héritiers réapparaissent comme dans une série télévisée dont les scénaristes auraient perdu le courage d’inventer de nouveaux personnages. Le changement existe, bien sûr, mais principalement dans les slogans, les affiches ou les couleurs des pagnes distribués lors des rassemblements.

Quant à la fameuse Vision 2040-2060, elle ressemble parfois à un GPS politique programmé pour une destination située sur Mars alors que le véhicule est déjà en panne au bord de la route depuis plusieurs années. On promet l’arrivée dans une métropole futuriste alors que les passagers cherchent encore où trouver quelques litres de carburant pour démarrer.

Les conférences, mobilisations et campagnes continuent donc avec enthousiasme. Les jeunes applaudissent, les femmes participent massivement, les cadres prononcent des discours grandioses et la forêt écoute religieusement la hache lui expliquer qu’elle constitue en réalité la meilleure assurance-vie des arbres.

Alors une question demeure : en 2027, les arbres burundais vont-ils enfin examiner la lame de la hache avant de voter ?

Dans la forêt burundaise, le suspense reste entier. Mais la hache, elle, a déjà commandé les affiches de campagne. Elles pourraient pourtant ne jamais servir… si les arbres décident d’arrêter les frais, devenus déjà insupportables !

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