Incapable de dépolluer le système CNDD-FDD, le président burundais s'attelle à peaufiner son image d'un général plutôt « ouvert au monde ».

Assassinats ciblés, enlèvements, torture, corruption aggravée....Comme sous l'ère Nkurunziza, le Burundi est le théâtre de graves violations des droits de l'homme. Le monde entier ne le sait que trop. Le pays ne connaît aucune embellie. Les occidentaux bernés par ce ripolinage d'un président voyageur se laissent berner à dessein, dans le souci de privilégier leurs propres intérêts, lassés d'attendre à jamais la restauration d'un Etat de droit qu'ils appelaient de tous leurs vœux en 2015.

Par
Burundi Daily
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1.6.2022
Categorie:
Diplomatie

Dans moins d'un mois, le général Evariste Ndayishimiye,  tombeur du défunt président tyran Pierre Nkurunziza, célébrera avec panache et éclat le 2ème anniversaire de son investiture. Occasion, cela va sans dire, de vanter son glorieux bilan à l'international. Car là où, sur l'échiquier politique international,  son prédécesseur brillait par confinement, claustration et même agoraphobie, le général Ndayishimiye s'est présenté comme un homme d'ouverture, globe-trotter ou pèlerin planétaire invétéré.

Et d'ailleurs, le président burundais et son épouse séjournent depuis vendredi à Malabo en Guinée Equatoriale pour prendre part au sommet des Chefs d'Etat de l'Union africaine sur  " le terrorisme et les changements de régime par les moyens anticonstitutionnels". C'est évident : en deux ans de fonction présidentielle, Evariste Ndayishimiye a permis au Burundi de reprendre, côté déplacement présidentiel,  sa place sur la scène internationale alors qu'il s'était auto-isolé sous le 3ème mandat de la honte de son prédécesseur. Mais c'est tout. Car à part cette vie entre deux avions, souvent en compagnie de son épouse, Evariste Ndayishimiye est, comme il l'a revendiqué au début de son mandat, l'aller ego de son mentor et prédécesseur, Pierre Nkurunziza. Assassinats ciblés, enlèvements, torture, corruption aggravée....Comme sous l'ère Nkurunziza, le Burundi est le théâtre de graves violations des droits de l'homme.

Le monde entier ne le sait que trop. Le pays ne connaît aucune embellie. Les occidentaux bernés par ce ripolinage d'un président voyageur se laissent berner à dessein, dans le souci de privilégier leurs propres intérêts, lassés d'attendre à jamais la restauration d'un Etat de droit qu'ils appelaient de tous leurs vœux en 2015.Selon des sources, le président burundais qui se veut « généreux » et non « cruel » aurait les mains liées par un cercle de généraux produit du maquis,  opposés à la moindre ouverture démocratique.

En coulisse, ce conclave, qui s'est connu dans le maquis quand le CNDD-FDD n'était encore qu'une rébellion hutu serait  le véritable maître du pouvoir au Burundi. Mais cette vieille hypothèse a du mal à tenir encore et laisse sceptique plus d'un. Car Ndayishimiye est lui-même général de l'armée, issu du maquis comme ses pairs. Vu sous cet angle, il est solidairement responsable des abus de sang et d'autres crimes économiques en cours.

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