Selon les témoignages recueillis auprès d'agents internes au service de renseignement, de jeunes affiliés aux Imbonerakure seraient chargés d'identifier des jeunes femmes dans différents quartiers de Bujumbura et dans d'autres localités du pays. Ces femmes seraient ensuite enlevées, en dehors de tout cadre légal, et conduites, à bord de véhicules aux vitres teintées, vers des locaux de la DDI situés à proximité de la cathédrale Regina Mundi à Bujumbura — un site dont la réputation dépasse largement ce seul dossier : un long reportage de Jeune Afrique publié en 2016.
Trop petit, trop pauvre, trop désorganisé et désormais lié par une alliance militaire au seul pays qui envisage de claquer la porte, le Burundi est entré dans l'EAC sans préparation, a ignoré les alertes de sa propre société civile, s'est auto-blessé en 2015 avec une crise constitutionnelle dont il ne s'est pas encore remis, et a construit — en lieu et place d'une stratégie d'intégration économique — une alliance militaire avec le seul pays encore moins performant que lui au sein du bloc. Une autopsie de dix-neuf ans de rendez-vous manqués.
La primature burundaise, en 2026, ne sert pas à gouverner — le président gouverne. Elle ne sert pas à arbitrer entre les ministres — le Conseil des Sages arbitre. Elle ne sert pas à porter une majorité parlementaire — le CNDD-FDD est la majorité parlementaire, à 96 %. Elle ne sert pas à négocier avec les bailleurs — la présidence le fait directement. Elle ne sert pas à représenter une diversité politique — il n'y en a plus.