Les patients manquent cruellement de produits pharmaceutiques et les décès se multiplient. Selon des témoignages concordants, les stocks sont à sec. Les patients sont, y compris au niveau de l'armée ou de la police, dirigés immédiatement vers l'opérateur privé Tanganyika Care, un hôpital 2.0 qui selon des sources appartiendrait au général Prime Niyongabo, chef d'état-major général de l'armée. La pharmacie de cet hôpital est bondée. Les clients sont en file d'attente pour se faire servir car c'est le seul coin qui dispose de produits pharmaceutiques.
Incapable de rendre disponible le carburant (en mode pénurie depuis plus de deux ans), incapable de contenir ou freiner la flambée du franc burundais par rapport aux devises étrangères (euro et dollars), incapable de barrer la route à ceux qui, dans son propre camp, pillent à vue d'œil l'économie du pays ou kidnappent et tuent allègrement et impunément de paisibles citoyens, Evariste Ndayishimiye ne trouve pas mieux que balayer les lieux publics.
A Bujumbura, les hôpitaux sont en alerte rouge, quelques jours après le communiqué du Ministère de la santé annonçant officiellement l'effectivité de cette épidémie au Burundi. Une dizaine de cas sont déjà renseignés et les professionnels de la santé sont unanimes pour confirmer que l'épidémie est hautement mortelle et contagieuse.
Cette descente aux enfers a démarré en avril 2022 après l'arrestation du Dr Christophe Sahabo. Son emprisonnement n'était qu'un stratagème inventé par le régime CNDD-FDD pour écarter ce jeune médecin tutsi qui, après une brillante formation en Suisse, avait eu le courage de rentrer au pays pour y investir.
Les médecins burundais sont en effet les moins bien payés de la planète terre. Et, toutes proportions gardées, les fonctionnaires burundais dans leur ensemble.C'est ainsi que ceux qui le peuvent ou en ont l'opportunité bifurquent vers le privé ou se barrent pour aller prester ailleurs, a déclaré la courageuse ministre burundaise de la santé publique et de la lutte contre le sida. Pour illustrer ses propos, Madame Lydwine Baradahana évoque un salaire mensuel de 150 USD pour un médecin spécialiste.
Selon une source proche de cette Chambre haute du Parlement, cette pandémie a en effet eu le culot d'atteindre une dizaine de députés et quelques membres du staff. Les résultats têtus des tests sont tombés ce week-end et, confinés illico chacun à leur domicile, les honorables députés sont en soins intensifs.La nouvelle a eu l'effet d'une bombe et, dans la foulée, la police est descendue dans les rues pour vérifier si, dans les bus et autres transports en communs, les mesures barrières sont respectées : port des masques pour les passagers, kits de lavages des mains, etc