Une création du laboratoire CNDD-FDD : Ce que cache vraiment le retour du poste de Premier ministre au Burundi
La primature burundaise, en 2026, ne sert pas à gouverner — le président gouverne. Elle ne sert pas à arbitrer entre les ministres — le Conseil des Sages arbitre. Elle ne sert pas à porter une majorité parlementaire — le CNDD-FDD est la majorité parlementaire, à 96 %. Elle ne sert pas à négocier avec les bailleurs — la présidence le fait directement. Elle ne sert pas à représenter une diversité politique — il n'y en a plus.

Trois heures
Trois heures. C'est le temps qu'il aura fallu, le mardi 5 août 2025, pour faire de Nestor Ntahontuye le nouveau Premier ministre du Burundi. Trois heures entre la transmission de sa candidature au Parlement et sa prestation de serment à Kigobe. Trois heures pour confier à un homme la coordination du gouvernement d'un pays de quatorze millions d'habitants.
Cette vitesse n'est pas un détail. Elle est un aveu. Dans une démocratie parlementaire ordinaire, la désignation d'un chef de gouvernement implique débats, tractations, marchandages. Cela demande des semaines. À Bujumbura, en ce mardi d'août, il n'y a eu rien de tout cela parce qu'il n'y avait, en réalité, rien à transmettre. Pas de pouvoir, pas de programme, pas de majorité à construire. Le CNDD-FDD, en s'attribuant la quasi-totalité des sièges aux législatives de juin 2025 par un hold-up territorial orchestré par les Imbonerakure, avait déjà tout réglé. Un président choisit, deux chambres valident, un homme prête serment.
Ce dossier propose une thèse simple, et radicale. La primature burundaise, sous le CNDD-FDD, ne sert à rien. Elle n'a pas été restaurée en 2018 parce qu'on en avait besoin. Elle a été restaurée parce que sa création formelle a permis, dans le même mouvement, de supprimer deux postes qui, eux, avaient des pouvoirs réels : les deux vice-présidences héritées des Accords d'Arusha. Et depuis sa création, elle n'a eu qu'une seule fonction politique vérifiable : servir d'arme au président pour démolir les derniers généraux puissants du régime.
Historique du poste de Premier Ministre: Six décennies, peu de pouvoir
Le Burundi a eu son premier chef de gouvernement avant son premier président. La primature naît avec les élections législatives de septembre 1961, sous tutelle belge. Le prince Louis Rwagasore, fondateur de l'UPRONA, en est le deuxième titulaire. Son gouvernement durera deux semaines : il est assassiné le 13 octobre 1961.
Cette mort fonde la malédiction politique de la fonction. Suivent six chefs de gouvernement entre 1963 et 1966, dont Pierre Ngendandumwe, premier Hutu à occuper le poste, assassiné en janvier 1965 au lendemain de sa nomination. Le 28 novembre 1966, Michel Micombero renverse le Mwami Ntare V et proclame la République. La primature est suspendue. Elle ne reparaîtra que par intermittence par la nomination d'Édouard Nzambimana sous Bagaza (1976-1979), avant que la Constitution de 1981 ne la supprime formellement.
Une seule véritable parenthèse politique en six décennies : Adrien Sibomana (1988-1993). Nommé par Pierre Buyoya après les massacres de Ntega-Marangara, ce Hutu modéré disposait d'une autorité réelle. Il a participé à la Charte de l'Unité nationale, à la Constitution de 1992, à la préparation des élections multipartites. Depuis trente-trois ans, aucun chef de gouvernement burundais n'a retrouvé cette stature.
On peut soutenir que Sibomana accéda à ce poste dans des conditions les plus contraignantes qui soient : un pouvoir dominé par une armée monoethnique et une situation politique extrêmement volatile. À tous égards, il semblait voué à l’échec.
Et pourtant, Sibomana possédait ce que les Premiers Ministres burundais d'aujourd'hui n'ont plus. Il dirigeait effectivement les conseils des ministres en l'absence du président. Il contresignait les décrets dans des domaines importants. Il présidait la commission chargée d'élaborer la Charte de l'Unité nationale, adoptée par référendum en février 1991, un texte fondateur dont il fut largement le rédacteur politique. Il participa au plus haut niveau à la rédaction de la Constitution de 1992 qui ouvrait le pays au multipartisme. Il prépara les élections multipartites de juin 1993 qui menèrent à la victoire de Melchior Ndadaye. Et, plus important encore, il était en même temps ministre du plan et dirigeait les équipes chargées des grands dossiers économiques. Il était visible, sa voix comptait sur la scène nationale. Il fut un Premier ministre actif et influent.
Ce regard sur le passé n’a rien d’exagéré ni de nostalgique. Dans un entretien accordé au journal Iwacu en avril 2020, Adrien Sibomana décrivait lui-même avec une remarquable clarté le rôle qu’il exerçait :
« Les actions des ministères sont parfois complémentaires. S’il n’y a pas quelqu’un qui a une vision globale, il peut y avoir des difficultés. Si vous résolvez un problème ici, il se pose de l’autre côté. S’il n’y a pas quelqu’un pour s’en occuper, c’est le chef de l’État qui est sollicité alors qu’il ne devrait pas être partout. Il exerce son pouvoir avec son Premier ministre. Avec le poste de Premier ministre, il est beaucoup plus facile de gérer les affaires politiques, économiques et sociales. »
En quelques phrases, Sibomana définit ce qu’est un véritable chef de gouvernement : un coordinateur politique doté d’une vision d’ensemble, capable d’arbitrer entre les ministères et d’éviter l’hyperprésidentialisation du pouvoir. Tout l’inverse de la coquille vide qu’est devenue aujourd’hui la primature burundaise.
Cinq ans au pouvoir, de véritables compétences, des projets d'envergure, une visibilité publique. Le contraste avec le mandat actuel de récents Premiers ministres est saisissant. Par exemple: Bunyoni, à l'apogée de son influence en tant que ministre de la Sécurité publique sous Nkurunziza, disposait certes de pouvoirs informels considérables, mais ces pouvoirs découlaient de sa fonction ministérielle et des réseaux complexes qu'il avait tissés et qu'il contrôlait en tant que responsable direct des services placés sous son autorité. Ces pouvoirs et ces réseaux ont disparu presque aussitôt après sa nomination comme Premier Ministre.
C'est là l'enjeu. Sibomana est la preuve qu'il fut un temps possible d'avoir une primature dotée de substance institutionnelle au Burundi, même dans un régime largement présidentialisé. Depuis trente-trois ans, aucun chef de gouvernement burundais n'a retrouvé cette substance. Ce n'est pas une coïncidence — c'est un choix institutionnel. Celui de 2018.
Ce que la restauration du poste en 2018 a vraiment supprimé
Pour comprendre la primature actuelle, il ne faut pas se demander ce qu'elle ajoute. Il faut se demander ce que sa création a permis d'enlever.
Les Accords d'Arusha de 2000 avaient posé une philosophie radicale pour le Burundi: aucun homme, aucune ethnie, aucun parti ne doit concentrer le pouvoir au Burundi. La Constitution du 18 mars 2005 traduisait ce principe en une architecture exécutive éclatée. Au cœur de cette architecture, deux vice-présidences asymétriques dotées de prérogatives constitutionnelles substantielles : le premier vice-président chargé des affaires politiques et administratives, le second des affaires économiques et sociales. Les deux devaient appartenir à des ethnies différentes l'une de l'autre, et pour le premier vice-président, d'une ethnie différente encore de celle du président. Ils devaient être issus de partis politiques distincts. Ils contresignaient les décrets présidentiels dans leurs domaines respectifs.
Ce n'étaient pas des postes décoratifs. C'étaient des contre-pouvoirs constitutionnels, créés délibérément pour empêcher le président de gouverner seul. La logique était simple: Un président tutsi comme Pierre Buyoya devait composer avec un premier vice-président hutu d'un autre parti, qui contrôlait des pans entiers de la décision politique du pays. Un président hutu comme Pierre Nkurunziza, devait composer avec un premier vice-président tutsi d'un autre parti d'opposition ou au minimum d'un parti non directement inféodé au CNDD-FDD. Pendant quinze ans, ce mécanisme a fonctionné, parfois mal, parfois en grinçant, mais il a fonctionné. Il a forcé une sorte de partage.
La Constitution du 7 juin 2018, adoptée par référendum dans le climat tendu de l'après-crise 2015, a démoli ce dispositif. Elle a réduit les deux vice-présidences à une seule, vidée de ses prérogatives politiques et réduite à une fonction cérémonielle. Et elle a, dans le même mouvement, restauré le poste de Premier ministre.
L'opération mérite d'être nommée pour ce qu'elle est. Sur le plan strictement comptable, le pays est passé de deux postes constitutionnels dotés de pouvoirs réels (les vice-présidences) à un poste cérémoniel plus un poste sans pouvoir (la nouvelle vice-présidence et la primature). Présenté comme une « modernisation institutionnelle », ce remplacement était en réalité une opération de pure concentration de pouvoirs dans les mains du président. La primature de 2018 n'a pas été créée pour gouverner. Elle a été créée pour fournir l'alibi institutionnel, un nouveau poste à exhiber et qui rendait politiquement présentable la disparition des contre-pouvoirs hérités d'Arusha.
Une construction savante: Un poste sans levier
Que reste-t-il, alors, dans l'arsenal de pouvoirs du poste de la primature créée en 2018 ? Sur le papier, des attributions importantes : coordination du gouvernement, supervision de l'administration, préparation des textes. Dans la pratique, aucun des leviers qui font la puissance politique réelle.
Le Premier ministre est nommé par le président. Il est révoqué par le président. Il n'a aucune base parlementaire propre et donc, il ne tire pas son investiture d'une majorité qu'il anime, mais d'un décret présidentiel que les chambres du parlement entérinent. Le gouvernement n'est responsable que devant le chef de l'État, jamais devant le Parlement en encore moins devant le Premier Ministre. La configuration actuelle du poste ne lui donne pas d'autonomie. Aucune autorité directe sur la police, l'armée ou le renseignement.

Pour bien comprendre cette absurdité, comparons: Un Premier ministre français par example dispose au moins d'une majorité parlementaire qui le porte, d'un canal direct avec ses ministres qu'il choisit largement lui-même, et de la possibilité d'engager la responsabilité du gouvernement sur un texte. Plus proche du Burundi: un Premier ministre tanzanien (modèle souvent invoqué et imité par le CNDD-FDD) exerce une fonction réellement subordonnée au président, mais dans un cadre où le CCM organise des alternances internes qui donnent au poste un poids relativement puissant. Un Premier ministre rwandais comme Édouard Ngirente est un technocrate. Comme Nestor Ntahontuye du Burundi, il est sans base politique, mais il assure une vraie coordination administrative dans un système où l'exécutif central fonctionne.
Le poste de Premier ministre burundais tel que créé en 2018q, n'a ni l'un ni l'autre. Ni levier politique, ni autonomie administrative significative. Il est un fonctionnaire d'État de très haut rang protocolaire, doté d'un cabinet et d'honneurs, mais dont les décisions opérationnelles remontent toutes, sans exception, à la présidence et au Conseil des Sages du parti — cet organe non constitutionnel composé des figures historiques du CNDD-FDD, qui arbitre dans l'ombre toutes les grandes orientations du pays.
Un poste transformé en une arme de destruction
Si le poste ne sert à rien institutionnellement, à quoi a-t-il servi politiquement depuis sa restauration en 2020 ? La réponse tient en deux noms : Bunyoni et Ndirakobuca. La primature, vide de pouvoirs propres, a néanmoins été utilisée. Elle a été utilisée comme arme. Pour démolir les deux derniers généraux puissants du régime.
Le cas Bunyoni
À la mort de Pierre Nkurunziza en juin 2020, Alain-Guillaume Bunyoni était l'un des hommes les plus puissants du Burundi. Ancien chef de la police, ministre de la Sécurité publique pendant près d'une décennie sous Nkurunziza, il avait construit un réseau personnel dans toutes les structures sécuritaires : les commissaires de police lui devaient leur carrière, les responsables provinciaux du renseignement passaient par lui, les Imbonerakure les plus actifs entretenaient avec lui des liens directs. Il était aussi un baron économique majeur — fortune privée considérable bâtie sur le carburant, l'import-export, l'immobilier urbain et le commerce transfrontalier avec la Tanzanie et la RDC. Cette assise lui donnait une autonomie financière rare au sein du parti, et nourrissait, aux yeux de Ndayishimiye, son potentiel de rivalité.
Le 24 juin 2020, le président le nomme Premier ministre. Promotion apparente ; coupure réelle. Bunyoni quitte le ministère qui faisait sa puissance pour un poste sans levier opérationnel. Pendant deux ans, il ne contrôle plus directement la police. Il ne supervise plus le renseignement. La chaîne de commandement formelle remonte désormais ailleurs, où d'autres hommes — placés par Ndayishimiye — relayent les ordres.
En septembre 2022, le verdict tombe. Démis, arrêté quelques mois plus tard, jugé pour conspiration contre le chef de l'État et enrichissement illicite, il est condamné en décembre 2023 par la Cour suprême à une lourde peine de prison. Ses biens sont placés sous séquestre. Un ancien général du maquis, devenu opposant en exil, l'a formulé sans détour : « On l'a sorti du combat avant de l'achever. » La primature avait servi de salle d'attente.
Le cas Ndirakobuca
Trois ans plus tard, le mécanisme se rejoue avec Gervais Ndirakobuca, dit « Ndakugarika ». Profil singulièrement proche de Bunyoni : ancien chef de la police, ancien patron du Service national de renseignement, ministre de l'Intérieur omniprésent. Il incarne l'aile dure du régime — celle des « faucons » placés sous sanctions internationales (gel d'avoirs, interdiction de voyager par l'Union européenne et les États-Unis) pour leur rôle dans la répression de 2015. Sa nomination en septembre 2022 fut lue comme un geste destiné à rassurer l'appareil sécuritaire après l'éviction de Bunyoni.
Le résultat fut identique. Pendant trois ans, Ndirakobuca devient progressivement inaudible. Privé du contrôle direct sur le renseignement, privé aussi de canaux diplomatiques personnels (les sanctions persistaient), il dépend désormais entièrement de la présidence pour son existence politique. La différence avec Bunyoni est dans la méthode finale. Là où le premier fut démoli par voie judiciaire, le second a été latéralisé par voie protocolaire. En août 2025, Ndirakobuca est nommé président du Sénat — poste de très haut rang, mais sans levier opérationnel. Sécurité personnelle, neutralisation politique.
Deux méthodes, un même résultat. Bunyoni : la primature comme antichambre du démantèlement judiciaire. Ndirakobuca : la primature comme première étape d'un placard doré. Dans les deux cas, la fonction a joué le même rôle — extraire un homme puissant de ses bases opérationnelles, le tenir suffisamment longtemps sous une apparence de promotion pour que ses réseaux se reconfigurent ailleurs, puis disposer de lui sans qu'il puisse résister.
Ntahontuye: un figurant sans ancrage sécuritaire, sans racine dans le maquis
Vient enfin Nestor Ntahontuye, nommé le 5 août 2025. Ingénieur statisticien, ancien cadre d'ONG (GIZ, PSI, Oxfam, IFDC), brièvement ministre des Finances avant sa nomination, il n'a aucun ancrage sécuritaire, aucune racine dans le maquis, aucun réseau personnel dans les corps de défense. Sa proximité avec le couple présidentiel est sa principale source de légitimité.
Sa nomination signe la fin de l'utilité politique du poste. Le piège a fonctionné deux fois. Les deux derniers généraux puissants du système ont été neutralisés. Il n'y a plus, à l'horizon visible du CNDD-FDD, de baron sécuritaire suffisamment autonome pour mériter qu'on lui tende la primature. La fonction peut donc, pour la première fois depuis 2020, être occupée pour ce qu'elle est réellement — rien. Un titre, un cabinet, des honneurs, un fauteuil dans les conseils des ministres présidés par le chef de l'État.
C'est la fin du cycle des « généraux-Premiers ministres ». Ce n'est pas, pour autant, le début d'une primature technocratique forte. Ntahontuye n'a aucun des leviers qui feraient de lui un véritable chef de gouvernement. Il est, dans le système actuel, l'équivalent fonctionnel d'un secrétaire général de la présidence — avec un meilleur titre.
À quoi sert alors ce poste ? — la vraie réponse
Revenons enfin à la question du titre. Et acceptons-la pour ce qu'elle est : une question à laquelle il n'y a pas de bonne réponse institutionnelle.
La primature burundaise, en 2026, ne sert pas à gouverner — le président gouverne. Elle ne sert pas à arbitrer entre les ministres — le Conseil des Sages arbitre. Elle ne sert pas à porter une majorité parlementaire — le CNDD-FDD est la majorité parlementaire, à 96 %. Elle ne sert pas à négocier avec les bailleurs — la présidence le fait directement. Elle ne sert pas à représenter une diversité politique — il n'y en a plus.
À quoi sert-elle donc, vraiment ? À une seule chose : permettre au président de concentrer le pouvoir qu'Arusha avait soigneusement éclaté, en habillant cette concentration d'une apparence de complexité institutionnelle. Le pays a un Premier ministre. Donc, en apparence, il y a un gouvernement distinct de la présidence. Donc, en apparence, il y a un partage. C'est une fiction utile, et elle a coûté au Burundi deux vice-présidences qui, elles, partageaient effectivement le pouvoir.
Accessoirement, la fonction a aussi servi d'arme contre les derniers généraux puissants du régime. Mais cette utilité est désormais épuisée. Bunyoni est en prison. Ndirakobuca est au Sénat. Ntahontuye occupe un poste qui peut enfin être ce pour quoi il a été conçu : un poste vide.
Une stabilité fondée sur cette concentration reste, par nature, fragile. Elle dépend de la qualité personnelle du président, de l'absence de crise de succession, de la cohésion du Conseil des Sages. Le moindre accroc dans ces équilibres ferait basculer un système où il n'existe plus aucun contre-pouvoir institutionnel pour amortir les chocs. Les vice-présidences d'Arusha, malgré leurs défauts, offraient cet amortissement. La primature, par construction, n'offre rien.
Trois heures, le 5 août 2025, ont peut-être suffi à nommer un Premier ministre. Mais une chose est désormais acquise pour quiconque observe la politique burundaise : ce poste n'a pas été créé pour gouverner. Il a été créé pour qu'on supprime ceux qui gouvernaient avec le président. Et une fois cette suppression actée, pour servir d'arme contre ceux qui auraient pu, un jour, gouverner à sa place. Bunyoni l'a appris dans une cellule. Ndirakobuca, dans un fauteuil sénatorial. Ntahontuye, lui, n'aura jamais à l'apprendre — parce qu'il n'y a plus rien à apprendre. Le poste a fini son travail.
Il reste maintenant un siège dans une grande salle de Kigobe. Et derrière le siège, plus rien.
