Une inquiétante collusion Lumitel/SNR pour mieux canarder les opposants

Il sied de rappeler que la commune de Mugamba et d'autres communes voisines comme Matana, Gisozi, Rusaka, Mukike,etc. étaient vues par le régime du CNDD-FDD comme l'épicentre de la contestation du 3ème mandat du défunt président Pierre Nkurunziza.De nombreux autres cas de disparition forcée enregistrés ces derniers jours dans des autres coins du pays seraient dus à ce nouvel appât.Les défenseurs des droits humains mettent en garde l'entreprise LUMITEL, affirmant qu'elle devra en assumer la responsabilité.LUMITEL n'a pas encore réagi à cette honteuse complicité démasquée.

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Burundi Daily
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19.11.2021
Categorie:
Justice

Depuis quelques jours, la société Lumitel, filiale du groupe Viettel au Burundi, met à la disposition de ses clients potentiels un service Whatsapp gratuit, pendant une période de trois mois, avec un numéro tout aussi gratuit.

Ce cadeau inespéré est, cependant, assorti de cette condition : le client qui mord à l'hameçon doit communiquer à LUMITEL son code secret (authentification WhatsApp) lors de son enregistrement sur Whatsapp. Or, comme on le sait déjà, dans ses instructions préliminaires, Whatsapp précise qu'un tel code est strictement secret.

Inquiétés par cette offre sans précédent et témoins des affinités entre LUMITEL et les caciques du régime CNDD-FDD, certains défenseurs des droits humains ont fouiné sur les dessous de ce cadeau de Noël qui, en réalité, se révèle être un miroir aux alouettes pour les opposants, réels ou présumés.

Vérification faite, ils se sont rendu compte que le numéro doublé est immédiatement transmis au Service National des Renseignements, SNR, qui suit alors au quotidien les communications faites via Whatsapp. Plusieurs jeunes originaires de la commune de Mugamba ont déjà été victimes de cette embuscade et se sont retrouvés au cachot du SNR pour être interrogés sur leurs relais internes et externes.

Il sied de rappeler que la commune de Mugamba et d'autres communes voisines comme Matana, Gisozi, Rusaka, Mukike, etc. étaient vues par le régime du CNDD-FDD comme l'épicentre de la contestation du 3ème mandat du défunt président Pierre Nkurunziza.

De nombreux autres cas de disparition forcée enregistrés ces derniers jours dans des autres coins du pays seraient dus à ce nouvel appât.

Les défenseurs des droits humains mettent en garde l'entreprise LUMITEL, affirmant qu'elle devra en assumer la responsabilité.

LUMITEL n'a pas encore réagi à cette honteuse complicité démasquée.

Pour rappel, cette entreprise a ouvert ses portes en 2015, au plus fort de la répression militaro-policière suite à la contestation du 3ème mandat de Pierre Nkurunziza.

Des gros faucons du parti présidentiel, CNDD-FDD, en seraient actionnaires, selon des sources.

C'est ainsi que cette entreprise cartonne alors que la cadette du secteur des télécommunications.

Lumitel a déjà damé le pion à l'ONATEL, opérateur public historique dudit secteur.

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