À deux ans de 2027, le décor est planté. La campagne a commencé, mais elle ne se joue ni dans les urnes ni dans les meetings. Elle se joue dans les coulisses du CNDD-FDD, entre deux titans et leurs clans, dans une lutte où il n’y aura ni arbitre ni pardon. Comme souvent dans l’histoire du CNDD-FDD, le perdant ne se contentera pas de s’effacer. Exil, prison ou disparition politique : la corrida est lancée, en direct, au sommet de l’État.
Le Burundi est aujourd’hui à la croisée des chemins. En choisissant de faire des réfugiés congolais une marchandise politique, Gitega joue avec le feu. L’épidémie de choléra qui décime les camps est le symptôme d’un échec plus profond : celui d’une diplomatie de la survie qui privilégie les intérêts financiers d’une élite au pouvoir sur la vie humaine.
En 2027, si Evariste Ndayishimiye parvient à se maintenir au pouvoir, ce sera moins par adhésion populaire que par absence d’alternative crédible. Mais l’histoire est implacable : lorsque les dirigeants finissent par croire à leurs propres mirages, le réveil est souvent brutal. Le Burundi mérite un homme d’État. Pour l’heure, il n’a qu’un candidat à sa propre succession, avançant à vue dans une tempête qu’il a lui-même contribué à déclencher.