Gros plan sur l''engagement armé du Burundi en RDC vu sous le prisme de MAP-Burundi
Sur le plan procédural et institutionnel, le chef de l'Etat Evariste Ndayishimiye a fait fi des obligations institutionnelles en la matière. Le Parlement a été informé tardivement et sans possibilité d'exercer un contrôle effectif. Selon MAP-Burundi, « ces manquements constituent une atteinte grave aux principes de séparation des pouvoirs, de transparence et de souveraineté populaire ».
Fidèle à son engagement en faveur la Refondation de la Nation, de la Constitution, de l'État de droit et de la souveraineté populaire, le Mouvement d'Actions Patriotiques, MAP-BURUNDI BUHIRE, vient une fois de plus de porter son regard sur l'engagement militaire du Burundi en République Démocratique du Congo (RDC), «à la lumière d'éléments factuels, juridiques et institutionnels désormais établis».
L'analyse de ce mouvement citoyen s'articule sur le quintuple plan juridique, institutionnel, constitutionnel, humanitaire et sur la cohésion sociale.
A tous points de vue, le choix du régime burundais s'avère à la fois risqué, périlleux et hautement dangereux pour la nation toute entière.
Du point de vue juridique, MAP-Burundi rappelle d'abord les faits. Têtus, cela va sans dire. «L'engagement militaire burundais en RDC repose sur un accord bilatéral de coopération militaire et sécuritaire, signé en août 2023, impliquant un déploiement durable de troupes, des opérations de combat actives et des engagements financiers et stratégiques significatifs», rappelle Emery Pacifique IGIRANEZA, Président dudit Mouvement.
Tout en rappelant qu'en droit constitutionnel burundais, un tel accord relève de la catégorie des traités engageant la défense, la sécurité et potentiellement les finances de l'État, lesquels doivent obligatoirement être soumis à ratification parlementaire et publiés pour produire effet en droit interne ; MAP-Burundi relève qu'à ce jour, « aucun élément public ne permet d'établir que ces exigences constitutionnelles ont été respectées ».
Sur le plan procédural et institutionnel, le chef de l'Etat Evariste Ndayishimiye a fait fi des obligations institutionnelles en la matière. Le Parlement a été informé tardivement et sans possibilité d'exercer un contrôle effectif. Selon MAP-Burundi, « ces manquements constituent une atteinte grave aux principes de séparation des pouvoirs, de transparence et de souveraineté populaire ».
Vu sous l'angle de la constitution de la République, MAP-Burundi voit l'engagement armé du Burundi en terre congolaise comme un délit de haut vol, digne d'être porté au niveau de la Haute cour de justice au Burundi. Malheureusement, conscient qu'il pilote le Burundi la tête dans le guidon, le chef de l'Etat Evariste Ndayishimiye s'en moque éperdument, tant et si bien qu'il a refusé de mettre en place cette cour qui lui barrerait la route dans de tels cas d'égarement.
« La Constitution du 17 juin 2018 institue la Haute Cour de Justice comme juridiction compétente pour juger le Président de la République en cas de haute trahison. Or, plusieurs années après l'entrée en vigueur de cette Constitution, la loi organique nécessaire à l'organisation et au fonctionnement de cette juridiction n'a jamais été adoptée, rendant impossible toute mise en œuvre effective de la responsabilité pénale constitutionnelle du Chef de l'État », fait remarquer MAP-Burundi.
En abordant « les conséquences humaines et nationales », de cet engagement de la honte, MAP-BURUNDI BUHIRE « exprime sa profonde solidarité avec les familles des militaires burundais tués, blessés, capturés ou portés disparus en RDC. L'opacité entourant les pertes humaines, les conditions de déploiement et l'absence d'information des familles soulèvent des questions graves de responsabilité morale et politique ».
Enfin, s'agissant de la coalition militaire en RDC et les risques pour l'unité nationale et la cohésion régionale, MAP-BURUNDI BUHIRE « exprime sa vive opposition à l'implication des Forces de Défense Nationale du Burundi dans une coalition militaire opérant en République Démocratique du Congo aux côtés des Forces Armées de la RDC (FARDC), de milices Maï-Maï et des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), dans des opérations visant de facto des zones majoritairement habitées par la communauté Banyamulenge ».
Il rappelle que « les Banyamulenges sont une communauté civile identifiable sur une base ethnique, et que toute opération militaire menée dans un contexte de stigmatisation ou de ciblage communautaire réel ou perçu comporte des risques graves au regard du droit international humanitaire, mais également des principes fondamentaux de prévention des conflits ethniques dans la région des Grands Lacs ».
Du point de vue de ce mouvement citoyen burundais, considère que «l'association de l'armée burundaise avec des groupes armés irréguliers ou historiquement porteurs de discours ou de pratiques à caractère ethnique, dans un conflit à forte charge identitaire, expose dangereusement le Burundi à des conséquences politiques, sociales et sécuritaires incontrôlables.
Reste que sur le plan interne, estime encore le Mouvement, cette situation entre directement en tension avec la Charte de l'Unité nationale des Burundais, à laquelle le Président de la République a solennellement juré fidélité.
