Les USA réactivent les sanctions contre l'ex premier ministre burundais Alain Guillaume Bunyoni

Pour nombre d'observateurs, cette décision inattendue suscite tout un faisceau de questions.D'abord parce qu'elle tombe à la veille d'un déplacement du Chef de l'Etat burundais, Evariste Ndayishimiye aux Etats-Unis et au lendemain de la déchéance de la personnalité ciblée.Alors Evariste Ndayishimiye y serait-il pour quelque-chose ? Rien n'est mois sûr et Bunyoni devrait le garder à l'esprit. Selon une source auprès de la Cour pénale internationale, CPI, un mandat d'arrêt contre le général est imminent et tout serait finement préparé pour son arrestation.

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Burundi Daily
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14.12.2022
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Justice

Trois mois après son éjection de la primature, le général Alain Guillaume Bunyoni est de nouveau dans la case « sanctions » par les Etats-Unis. Il fait partie d'une liste de personnalités accusées par les USA d'avoir été personnellement impliqué dans «de graves violations des droits humains au Burundi ».

Washington a annoncé ces sanctions ciblées en marge de la célébration de la journée mondiale de lutte contre la corruption et au lendemain de la célébration de la journée internationale des droits de l'homme.

Selon la décision américaine, « tous les biens et intérêts dans les biens de personnes ou d'entités désignées ...qui se trouvent aux États-Unis ou en possession ou sous le contrôle de personnes américaines sont bloqués et doivent être signalés au Département du Trésor ».

Pour le Burundi, Bunyoni est remis dans le viseur pour sa légendaire cruauté. En particulier lors de la crise du 3ème mandat présidentiel.

En 2015, au plus fort de la répression des manifestants et autres citoyens vivement opposés à la candidature du Président d'alors Pierre Nkurunziza, l'administration Obama avait imposé des sanctions contre quatre hauts responsables burundais, dont le général Alain Guillaume Bunyoni, pour leur responsabilité alléguée dans cette crise dont le pays peine encore à se remettre.

A cette époque, il était encore Ministre de la sécurité publique. Il avait été sanctionné par Washington en même temps que Godefroid Bizimana, alors directeur général adjoint de la police nationale ainsi que le général Godefroid Niyombare, ancien chef des services de renseignement burundais et le colonel Cyrille Ndayirukiye, ancien ministre de la Défense, deux cerveaux présumés du putsch avorté du 13 mai 2015.

A cette poignée de personnalités blacklistées s'ajoutaient quatre autres, en l'occurrence le général  Gervais Ndirakobuca,  à l'époque Chef de Cabinet du ministre de la Sécurité publique et aujourd'hui premier ministre ;  Léonard Ngendakumana (officiel), Joseph Mathias Niyonzima (agent du service national de renseignement) et l'opposant  Alexis Sinduhije (président du MSD).

En novembre 2021, le nouveau président américain Joe Biden a mis fin à ces sanctions. Le pays de l'Oncle Sam reconduit donc aujourd'hui ces sanctions, uniquement contre Alain Guillaume Bunyoni, pour le cas du Burundi.

Pour nombre d'observateurs, cette décision inattendue suscite tout un faisceau de questions.

D'abord parce qu'elle tombe à la veille d'un déplacement du Chef de l'Etat burundais, Evariste Ndayishimiye aux Etats-Unis et au lendemain de la déchéance de la personnalité ciblée.

Alors Evariste Ndayishimiye y serait-il pour quelque-chose ? Rien n'est mois sûr et Bunyoni devrait le garder  à l'esprit. Selon une source auprès de la Cour pénale internationale, CPI, un mandat d'arrêt contre le général est imminent et tout serait finement préparé pour son arrestation. Si c'est avéré, le général Alain Guillaume Bunyoni aura été offert en sacrifice expiatoire par le régime CNDD-FDD pour les ignobles crimes dont il est globalement accusé.

Entre le régime CNDD-FDD et la communauté internationale, il y aurait une stratégie arrêtée mais non écrite pour solder les comptes d'un 3ème mandat déjà jugé illégal par la cour de justice de l'EAC. Car Bunyoni n'est pas plus coupable que Gervais Ndirakobuca, un monstre repenti.

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