Parler Kinyarwanda au Burundi désormais un crime: le régime burundais s'en prend aux Banyamulenge et assimilés

Des rwandophones, il y en a pourtant beaucoup au Burundi. Des Rwandais accusés d'avoir pris part dans le génocide contre les tutsi de 1994 au Rwanda vivent et exercent leur petits commerces au Burundi depuis longtemps. Pourtant ceux-ci n'inspirent ni peur ni panique au sein de la population. Les autorités burundaises ne sont certainement pas pressées de mener des enquêtes sur leur présence au Burundi ni sur leur implication présumée dans un crime de génocide punissable internationalement.

Par
Burundi Daily
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14.10.2020
Categorie:
Politique

Depuis quelques jours, la police burundaise a entamé une drôle chasse à l'homme visant exclusivement les réfugiés Banyamulenge vivant au Burundi.

Au moins 64 d'entre eux ont été récemment arrêtées à Gitega, la capitale politique alors que plusieurs dizaines d'autres ont été interceptés au chef-lieu de la province de Muyinga.

La police burundaise ne fait plus mystère de sa décision de pister, jusque dans ses derniers retranchement, chaque réfugié congolais membre de la Communauté.

Pierre Nkurikiye, porte-parole du Ministère burundais de l'intérieur, du développement communautaire et de la sécurité publique, l'a révélé à la presse. Ils auraient inquiété la population «parce qu'ils parlent kinyarwanda».

«Ces gens sont des réfugiés congolais Banyamulenge qui vivaient dans le camp des réfugiés de Bwagiriza, dans la province Ruyigi, ils ont quitté leurs camps et se baladaient en ville, parlant kinyarwanda, ce qui ne manque pas d'inquiéter» a-t-il déclaré.

Pourquoi des réfugiés qui sont au Burundi depuis plus de 15 ans font maintenant peur?

Réfugiés au Burundi depuis les années 2000, les banyamulenges se promenaient librement aux environs de leurs camps et dans les différentes villes du pays depuis qu'ils y ont été installés, sans que les autorités burundaises ne sourcillent. Du coup, ils deviennent des éléments qui inspirent de la peur au sein de la population burundais avec laquelle ils se côtoient depuis plus de 15 ans.

Leur reprocher de parler kinyarwanda traduit l'obsession d'une attaque ou d'une incursion des éléments rwandais en terre burundaise. La paranoïa semble avoir atteint des niveaux fébriles dans les rangs des autorités du régime. En plus, les Banyamulenge ne sont pas les seuls étrangers qui parlent Kinyarwanda au Burundi. Leur particularité semble être de parler une langue qui s'apparente au Kinyarwanda alors qu'ils sont ou ressemblent à des tutsi. Voilà ce qui fait peur!

Des rwandophones, il y en a pourtant beaucoup au Burundi. Des Rwandais accusés d'avoir pris part dans le génocide contre les tutsi de 1994 au Rwanda vivent et exercent leur petits commerces au Burundi depuis longtemps. Pourtant ceux-ci n'inspirent ni peur ni panique au sein de la population. Les autorités burundaises ne sont certainement pas pressées de mener des enquêtes sur leur présence au Burundi ni sur leur implication présumée dans un crime de génocide punissable internationalement. Bref, loin d'être victimes de leur langue qui s'apparente au Kinyarwanda, ces réfugiés Banyamulenge suscitent de la peur et panique par leur apparence tutsie.

Pierre Nkurikiye a promis des enquêtes sur les personnes arrêtées afin d'y voir davantage plus clair. Des enquêtes sur des gens qui sont au pays depuis plus de 15 ans témoignent d'une hostilité et xénophobie contre les Rwandais d'apparence tutsie. Seuls les tutsis semblent être objets de dénonciation par la population qui dit avoir peur d'eux alors que leurs frères d'apparence hutue circulent librement au Burundi et ne semblent gêner personne.

« En attendant les enquêtes qui sont déjà en cours, ces réfugiés Banyamulenge vont être reconduits dans leur site de provenance. Les responsables du site de Bwagiriza vont être interrogés sur la délivrance des fausses autorisations de sorties », a ajouté Pierre Nkurikiye.

« Nous appelons la population à la vigilance et mettons en garde toute personne qui hébergera un étranger sans le connaître ou lui vendre son terrain sans aviser l'administration ». Du coup, il devient illégal de vendre ses biens sans en aviser l'administration. Et pourtant, les biens individuels sont bien protégés par la constitution. L'Etat ne devrait donc pas se mêler (au delà des taxes payables à la vente ou achat) des transactions sur de biens privés entre particuliers.

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