Cacophonie diplomatique au sommet de l'Etat : sur la crise congolaise, le MAE indexe Doha, Ndayishimiye le recadre illico presto

Dans un de ses publications sur son compte X, le ministre Bizimana a eu le culot d'indexer le Qatar, en l'accusant d'avoir usé «de son influence diplomatique et financière pour empêcher les États-Unis d'adopter une ligne plus ferme face à l'avancée du Rwanda et du M23 dans l'est de la République démocratique du Congo, en violation présumée des Accords de Washington». Dans l'immédiat, ce tweet, bien que rapidement gommé par son auteur indélicat, a créé un tollé sur les réseaux sociaux.

Par
on
6.1.2026
Categorie:
Diplomatie

Décidément, le  régime DD est risiblement en mode cacophonie au cours de cette période de fin de règne pour le général Evariste Ndayishimiye.

Alors que dans les cafés, bars et autres lieux publics à Bujumbura, on se gargarise encore des propos du ministre en charge des finances Alain Ndikumana qui s'est ouvertement étonné de ce que l'usine à engrais chimique, FOMI, soit surpayées pour ce qu'elle n'a pas fait, que le même ministre a été vite contredit par le SG du parti de l'aigle Révérien Ndikuriyo pour qui tous les actes manqués sont au dos du gouvernement, l'opinion nationale et internationale est de nouveau servie. Mais dans un tout autre registre.

Le terrain de fourvoiement est cette fois diplomatique. Il s'agit de la crise en RDC et les négociations qatariennes en cours.

A ce sujet, l'as de trèfle qui s'en mêle les pinceaux est le ministre burundais des relations extérieures, Edouard Bizimana.

Dans un de ses publications sur son compte X, il a eu le culot d'indexer le Qatar, en l'accusant d'avoir usé «de son influence diplomatique et financière pour empêcher les États-Unis d'adopter une ligne plus ferme face à l'avancée du Rwanda et du M23 dans l'est de la République démocratique du Congo, en violation présumée des Accords de Washington».

Dans l'immédiat, ce tweet, bien que rapidement gommé par son auteur indélicat, a créé un tollé sur les réseaux sociaux.

Du coup, le chef de l'Etat en personne s'est senti obligé d'intervenir pour tenter de limiter les dégâts. Via son compte X, le président burundais a déclaré :

«Le Burundi a toujours apprécié ses bonnes relations bilatérales de longue date avec le Qatar, ainsi que le rôle crucial de ce dernier dans les efforts de médiation en RDC. Il est important de clarifier tout malentendu et toute déclaration erronée concernant la contribution du Qatar au développement et à la consolidation de la paix ».

Cette réaction présidentielle semble avoir calmé la colère de Doha et le ministre des affaires étrangères du Qatar, Dr Al Khulaifi  s'est empressé de réagir via son compte X.

« Monsieur le Président, je vous remercie pour ces précisions et votre aimable reconnaissance. Fidèle à ses principes, l'État du Qatar demeure résolument engagé en faveur de la consolidation de la paix, de la médiation et du règlement pacifique des conflits, et continuera de collaborer de manière constructive avec tous ses partenaires pour soutenir la stabilité et une paix durable », a-t-il déclaré

« Guidé par une approche fondée sur des principes, l'État du Qatar reste fermement engagé dans la consolidation de la paix, la médiation et le règlement pacifique des conflits », a-t-il ajouté, affirmant que Doha continuerait à travailler « de manière constructive avec tous les partenaires » pour soutenir la stabilité et une paix durable.

Il est à rappeler que sur le terrain à l'est de la RDC où le Burundi a dépêché des milliers de ses soldats en appui aux FARDC, les combats entre les forces congolaises et le M23 se poursuivent dans plusieurs zones de l'est du pays, alimentant une crise humanitaire majeure et des tensions régionales persistantes. Les efforts diplomatiques, bien que soutenus, peinent jusqu'à présent à produire une désescalade durable.

Tags: