Gitega profite de l'attaque armée à Gatumba pour épingler Kigali: Le CDD-FDD fait une récupération politique de cette atrocité et appelle ses militants à participer à l'enterrement des victimes de Vugizo

Contrairement aux autres pertes massives de vies humaines que le pays a connues depuis son arrivée au pouvoir, le chef de l'Etat Evariste Ndayishimiye a présenté ses condoléances attristées aux familles endeuillées. De nombreux observateurs notent que c'est la première fois qu'il sort de ses gonds pour exprimer sa compassion dans de telles circonstances.

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Burundi Daily
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28.12.2023
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Gouvernance

Toujours été égal à lui-même, le parti CNDD-FDD vient honteusement de faire une récupération politique de l'attaque de Gatumba en mobilisant sa jeunesse Imbonerakure à participer activement ce mardi 26 décembre 2023 aux cérémonies d'inhumation des victimes de l'assaut massif et armé perpétré par des éléments armés à Vugizo (Gatumba) à l'ouest de Bujumbura.  Un appel y relatif a fait le tour des médias sociaux pour toucher grand monde.

Selon les services de communications de Gitega, au moins vingt personnes ont été tuées par balles et 9 autres blessées dans une attaque perpétrée contre « des civils » à l'ouest de la province de Bujumbura qui jouxte l'est de la République démocratique du Congo.

« En date du 22 décembre 2023, vers 20 heures 40', 9 ménages ont été la cible d'une attaque meurtrière dans le secteur de Vugizo situé tout près de la frontière de la République du Burundi avec la République démocratique du Congo dans la province de Bujumbura », a déclaré Jérôme Niyonzima, Secrétaire Général de l'Etat.

« Dans cette attaque lâche, 20 personnes ont été assassinées dont 12 enfants, 3 femmes et 5 hommes », a-t-il ajouté.

Neuf personnes blessées au cours de cette attaque ont été évacuées vers des soins dans des structures sanitaires.

Le gouvernement du Burundi a condamné samedi « cet acte terroriste dirigé contre les populations civiles et innocentes » et « réitère son engagement à préserver la paix et la sécurité ».

Le mouvement rebelle burundais RED-TABARA (Résistance pour un état de droit) basé à l'est de la RDC a revendiqué cette attaque, samedi après-midi. « Les combattants de RED-TABARA (Résistance pour un Etat de droit), basés au Burundi ont attaqué le poste-frontière de Vugizo en zone Gatumba dans la nuit du vendredi 22 décembre 2023 », a déclaré le mouvement via son compte X (anciennement twitter).

General Evariste Ndayishimiye danse avec une chorale qui chante lors de la prière Nationale d'Action de Grâce tenue à Cankuzo, une province située dans la partie orientale du Burundi

Selon ce mouvement rebelle « 9 militaires et 1 policier ont été tués » et des « armes ont également été saisies ».

Contrairement aux autres pertes massives de vies humaines que le pays a connues depuis son arrivée au pouvoir, le chef de l'Etat Evariste Ndayishimiye a présenté ses condoléances attristées aux familles endeuillées. De nombreux observateurs notent que c'est la première fois qu'il sort de ses gonds pour exprimer sa compassion dans de telles circonstances.

Cependant, comme le souligne Pacifique Nininahazwe, l'un des plus éminents militants des droits de l'homme au Burundi, contrairement à tous ses prédécesseurs, Evariste Ndayishimiye n'a pas assisté aux funérailles des victimes de ce énième crime contre les habitants de Gatuma.

Il a choisi d'assister à un spectacle de prière qu'il organise et dirige souvent pour tous les hauts fonctionnaires du gouvernement.

Mystère. Il y a quelques jours, des dizaines de de militaires burundais ont été fauchés sur le sol congolais en tenues militaires des FARDC. Evariste Ndayishimiye n'a pas pipé mot.

Au même moment, le journal en ligne Ikiriho inféodé au régime CNDD-FDD tire à boulets rouges sur le Rwanda, arguant qud RED-TABARA recrute dans les rangs des réfugiés burundais de Mahama au Rwanda et que le Rwanda fait la même chose pour renforcer le M23.

Ce pseudo journal qui ne fonctionne que sur X et dont les sorties médiatiques ressemblent plus à des tweets personnels qu'à des publications professionnelles s'en prend au HCR. « Le Haut-commissariat des réfugiés, HCR, reste muet et ne dénonce pas ces faits qui vont à l'encontre des traités internationaux et ne protège pas les familles qui voient leurs enfants embarqués vers des destinations inconnues? » s'interroge ce compte X qui est visiblement la fenêtre d'expression de son propriétaire Donatien Ndayishimiye, un fonctionnaire du service national des renseignements, SNR.

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